J’ai écrit un roman en 7 jours : une contrainte très positive (bilan)

– T’as fait quoi cette semaine ?
– J’ai écrit un roman.
– Non, je veux dire, t’as fait quoi de spécial ? Je sais bien que t’écris des livres.
– Tu ne crois pas que cela m’a assez occupée comme cela d’écrire un bouquin en une semaine ?
– … What ? Tu veux dire que tu l’as écrit en une semaine ? Mais… Mais c’est possible ?
– Ben, tu sais, comme disait le proverbe « C’était impossible, mais le vieux fou l’ignorait et il l’a fait quand même ».
– Et tu te sens comment, du coup ?
– Fatiguée et… exaltée. Surtout fatiguée, en fait. Mais aussi assez surprise par les conséquences de cette histoire.
– L’histoire du livre ?
– Non (soupir) : tu piges que dalle aujourd’hui ! Je te parle de mon histoire, de la façon dont j’ai vécu tout ça et de ce que j’en tire comme conclusions.
– J’y pige que dalle, vas-y mollo, tout de même ! Je ne suis qu’un personnage issu de ton imagination carrément débordante et qui te sert de pantin dans la discussion actuelle !
– Tu as raison, excuse-moi.
– Bon, donc au final, ça t’a appris des trucs d’écrire un roman en une semaine ?
– Oh, oui ! Tu n’imagines pas ! Je te raconte ?
– Ben, d’un côté, vu que je suis dans ta tête, je n’en ai pas vraiment besoin pour connaître déjà toutes tes pensées ; mais comme je suis le prétexte à l’écriture d’un article de blog, vas-y !
– Trop aimable…

Confiance en soi
On va commencer par un gros point très positif pour moi : la confiance en soi. Je n’en ai jamais eue, ce n’est pas nouveau, et l’âge a assez peu résolu le problème. Certainement parce que j’écoute beaucoup trop les gens bien intentionnés porteurs de bons conseils autour de moi. Sauf que, dans le contexte du challenge, je n’ai reçu aucun conseil puisque le défi s’est déroulé chez moi, avec le soutien de ma famille. J’ai commencé le défi en étant à la fois hyper motivée pour le réussir mais aussi assez dubitative sur mes capacités à le mener au bout. J’avais cherché sur internet des défis similaires et je n’en avais pas trouvé sur ce laps de temps. Était-ce de la folie ? Sans doute un peu…
Alors, évidemment, quand le dimanche suivant j’ai réalisé que j’écrivais le mot « FIN » et que le défi était réussi, quelle bouffée de fierté ! Ah bah non, je ne vais pas faire ma modeste : je suis officiellement la seule auteure à avoir fait cela (même si dans l’intimité de discussions avec d’autres, j’en connais au moins une qui m’a avoué l’avoir fait aussi sur l’un de ses livres). Et cela, honnêtement, ça fait sacrément du bien à l’ego !

Productivité
J’ai aussi appris énormément de choses durant cette semaine d’écriture. Sans doute bien plus que ce que je n’ai appris sur moi-même, en tant qu’auteure, durant ces 12 dernières années où j’ai publié une dizaine d’ouvrages.
Tout d’abord, la réussite de ce défi m’a ouvert de nouvelles perspectives. Je me savais productive, mais j’ignorais que je pouvais aussi « facilement » contraindre ma productivité. Me voilà désormais fixée : je fais partie de cette catégorie d’auteurs qui, bien entourés, peuvent écrire un livre tous les mois. Le veux-je pour autant ? Non ! Si désormais je sais que c’est possible pour moi, je n’ai pas envie de vivre une telle contrainte au quotidien ! Par contre, envisager de publier davantage de livres par an, oui ! (et quelque chose me dit que cela ne vous déplairait pas non plus !)
J’ai aussi découvert que j’étais beaucoup plus productive le matin (alors que j’étais clairement du soir il y a encore quelques années) et surtout que je suis capable de passer 3 heures devant mon écran à écrire, avec deux petites pauses pour me dégourdir les jambes. Et pour moi qui déteste les tâches trop longues, c’est une sacrée découverte ! Depuis, je me sens beaucoup moins tendue lorsque je passe une journée complète à travailler devant mon ordinateur. J’ai des routines qui me permettent de recharger mes batteries entre deux sessions d’écriture et je parviens même à écrire l’après-midi (du contenu mais pas de la fiction) !

Gestion des émotions
Sur le moment, je ne m’en suis pas vraiment rendue compte, mais en y repensant, ce qui est incroyable dans cette histoire, c’est d’avoir vécu en l’espace d’une semaine toutes les émotions liées à l’écriture d’un roman. Habituellement, pour moi, cette période s’étale de 2,5 mois à 18 mois. Elle est entrecoupée de temps où je n’écris pas car je fais des recherches, ou bien parce que je suis bloquée sur une idée qui ne me convient pas, et de périodes très productives où je suis capable d’écrire deux ou trois scènes sur la journée.
Les émotions liées au roman fluctuent au fil du temps. Il y a le départ, les 20 000 premiers mots, qui sont un peu tout feu tout flamme. Je découvre les personnages, je m’inquiète pour eux, j’espère qu’ils vont parvenir à réaliser leurs rêves. Puis, il y a le milieu, toujours un peu compliqué en ce qui me concerne, qui prend son temps, qui développe, qui rebondit, qui nous sépare de quelques personnages. Je soupire, je fatigue, je verse ma petite larme, je n’en peux plus et j’ai l’impression de ne plus avancer. Je suis tentée de ranger le roman dans un tiroir mais non : le plan est là et je sais qu’il va m’emmener à destination.
Ensuite viennent les rectifications, les changements de cap imprévus, et la poussée vers la fin. Fin qui précipite tout, qui accélère les battements de mon cœur jusqu’au mot de trois lettres qui m’emporte dans une bouffée délirante : F.I.N.
Et bien, avec le défi de tout écrire en une semaine, j’ai aussi vécu toutes ces émotions en… 7 jours ! C’était les montagnes russes dans ma tête entre le matin et le soir. Je me levais avec un groupe d’amis, je me couchais avec une seule survivante… Mais je dois vous avouer que c’était absolument incroyable d’être plongée ainsi H24 dans son histoire.

Syndrome du milieu
Franchement, je pensais y réchapper. Allez, un plan béton, une semaine pour tout écrire, un planning de ministre, 49 heures de prévues au compteur, comment cela aurait-il pu se produire ? Le syndrome du milieu n’avait tout simplement pas le temps de pointer le bout de son nez crochu, non ?
Ben… si (soupir !)

Tout comme j’ai vécu toutes mes émotions en une semaine, j’ai aussi eu le droit à ce très désagréable sentiment de vide et d’abandon au milieu de livre. Et vous savez le pire ? Cela a été que le milieu du livre tombait, bien évidemment, au milieu de la semaine ! Coup de fatigue énorme, neurones grillés, cerveau en vrac et juste envie de faire autre chose. Les jeudi et vendredi ont été terribles ! J’ai cru que tout était perdu. Je me suis accrochée, passant de 10 000 mots par jour en début de semaine à 2 500 ! Argh ! Et l’éternelle magie a opéré : la fin de l’histoire s’est profilée et a poussé au loin ce manque de motivation qui caractérise, chez beaucoup d’auteurs, ce syndrome du milieu. La machine a redémarré et j’ai pu me lancer à la conquête des derniers chapitres.
Je sais désormais que, quel que soit le contexte de mon écriture, je vivrai toujours ce syndrome du milieu… (pleurs)

Gestion du temps et imprévus
Si je devais donner deux points d’appui qui m’ont permis de réaliser ce défi, ce serait d’abord la création d’un plan pour ne pas me perdre dans l’histoire et gagner en efficacité, mais aussi l’établissement d’un planning d’écriture sur lequel j’ai calculé mes temps réels d’écriture avant d’y dispatcher l’ensemble des scènes à écrire. Chaque jour, j’avais un objectif clair qu’il me fallait atteindre et, comme je me connais, je m’étais organisée pour avoir un peu moins de travail au fil des jours. J’ai ainsi pu bénéficier de l’élan « tout feu tout flamme » du démarrage. Et j’avais calculé mes objectifs pour me laisser un peu de marge en fin de semaine pour tout finir, au cas où… et j’ai bien fait ! Car on a beau tenter de maîtriser son planning, il y a toujours des imprévus qui nous tombe dessus et qui décalent toute l’organisation.
Parallèlement, cette méthode m’a permis de découvrir que j’étais plutôt régulière dans la production de mes scènes (entre 900 et 1500 mots) ce qui donne, d’office, un roman plutôt équilibré. C’est autant de choses qu’il n’y aura pas à retravailler au moment de la relecture !

Connaître sa façon d’imaginer, d’écrire
Ce qui a été aussi intéressant dans cette expérience, c’est de voir combien mon imagination est capable de continuer de créer alors que je lui demandais juste de suivre le plan. Durant la semaine de défi, de nouvelles possibilités se sont offertes à moi et j’ai dû décider trèèèès vite si je les adoptais ou pas. Je me suis donc ajoutée du travail supplémentaire, prise entre l’angoisse de ne pas finir ce défi dans les temps et l’inquiétude de ne pas fournir à mes lecteurs un roman abouti. Hors, l’ajout de certaines scènes étaient nécessaires pour les intrigues ! Et même si mon plan est passé de 16 chapitres à 22 (argh !), je ne regrette pas de m’être mis cette pression supplémentaire sur les épaules.
Parallèlement, j’ai aussi compris que je faisais partie de la team des « archiniers ». C’est à dire que pour bâtir mon histoire, j’ai besoin de poser un plan sur le papier mais que j’autorise mon cerveau à modifier celui-ci si jamais d’autres idées me viennent en tête. Je suis donc, de base, une auteure architecte avec un petit côté jardinier au moment de l’écriture.

La contrainte est porteuse de belles découvertes de soi
Que de découvertes, vous l’avez lu ! Je me connais beaucoup mieux aujourd’hui qu’avant ce défi d’écriture. Je sais bien mieux de quoi je suis capable et cela a forcément modifié à la fois ma propre perception mais aussi mes projets. D’autres voies se sont ouvertes à moi. Cela a été possible parce que, contre toute attente, ce challenge m’a vraiment boostée. Moi qui n’ai clairement pas une âme de compétitrice, j’ai aimé relever ce défi envers moi-même. Et je ne regrette aucune de ces minutes passées à écrire durant la dernière semaine de 2020, même quand elles m’ont fait grincer des dents !

À votre tour ! Avez-vous déjà relevé des défis que vous vous pensiez incapables de réussir ? Qu’en avez-vous appris ? Racontez-le moi en commentaire.
Et pour tous les auteurs en herbe qui galèrent encore lorsqu’il s’agit de se lancer et pour qui le plan n’est pas un ami, je vous rappelle que ma prochaine formation portera sur ce sujet et que toutes les informations sont disponibles ici.
Passez tous une très belle journée !
Karine

Une semaine pour apprendre différentes méthodes pour faire un plan et repartir avec celui qui correspond à votre écrit à venir.

Pour tous ceux qui veulent lire le roman « Le prince Alexander » qui est l’aboutissement de ce défi, le lien est ici. Bonne lecture !

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