Mon spectre favori

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Elle courrait. Elle traversait la nuit comme l’éclair fend le ciel. Ombre blanche sous la noirceur de la voûte céleste, rien ne comptait plus que les minutes qui s’égrenaient et la prenaient de vitesse. Elle accéléra, ignorant le souffle qui brûlait sa poitrine. Elle allait y arriver, elle n’avait plus beaucoup de chemin à parcourir : une lieue, peut-être deux? Ah si seulement elle l’avait su plus tôt !

La rivière lui coupa brutalement la route. L’eau n’était pas haute en cette fin d’été et quelques pierres affleuraient à sa surface. Elle regarda le pont qui enjambait les flots à quelques centaines de mètres d’elle : trop loin. Elle n’avait pas le temps pour un pareil détour… Alors, sans prendre la peine de remonter son jupon, elle pénétra dans le ru.

***

Cette maison m’a toujours fasciné. Je me rappelle très bien la première fois que j’y ai pénétré. Je devais avoir quatre ou cinq ans et la ferme intention de ne pas avoir peur. Pourtant, j’étais terrifié. Mais devant les copains, je ne pouvais pas faire demi-tour. Je m’étais vanté de pouvoir entrer dans la vieille demeure de mon arrière-grand-père le sourire aux lèvres et j’allais tenir mon pari !

Quelle frousse ! Heureusement que mes camarades ne pouvaient pas voir que le sourire avait rapidement quitté ma figure quand la porte s’était refermée derrière moi… Je m’étais retourné pour fuir, mais c’était trop tard. J’avais entendu mes amis partir en criant dans une folle galopade et j’étais resté là, planté au milieu d’un hall immense et lugubre. Cela faisait quatre-vingt-cinq ans que plus personne n’habitait ici. Je ne me rendais pas bien compte de combien cela faisait vraiment, mais du haut de mes un mètre vingt j’étais certain que cela faisait beaucoup ! J’ai glissé ma main sous ma chemise pour rencontrer la fourrure rassurante de mon petit cheval en peluche qui me suivait partout. J’ai fait un pas. Le bruit de ma semelle s’est envolé dans toute la maison, tel un battement de cœur… J’ai continué d’avancer jusqu’au pied de l’escalier, mon petit métronome interne battant vivement la mesure. Cette maison avait quelque chose de spécial. Dans la famille personne n’en parlait jamais, personne n’en voulait non plus. Pourtant, j’avais un jour suggéré à mon père que nous serions bien mieux dans cette grande bâtisse que dans notre F2 en ville. Mais il m’avait opposé un refus catégorique, sans explication. Aussi, comme toutes les choses que l’on refuse aux enfants, la maison de mon arrière-grand-père avait commencé à m’obséder. Je rêvais d’y aller, d’en pousser la porte, de découvrir ce qui se cachait derrière…

Tous les mercredis, j’allais jouer avec mes copains en bordure de la ville, non loin de la sinistre demeure. J’avais appris qu’il y avait des fantômes qui hantaient ses murs, peut-être même des zombies et des loups-garous. Je ne voyais pas très bien ce que pouvaient être ces derniers, mais pour les fantômes j’avais vite imaginé qu’ils ressemblaient au célèbre Casper ! Je comprenais alors d’autant plus mal la répulsion que semblait provoquer chez les plus grands de notre petite bande l’idée de rentrer dans la maison.

Finalement, un jour où les plus âgés avaient encore une fois décidé du jeu auquel nous devions tous jouer, je leur ai révélé que la maison appartenait à ma famille. Le jeu prévu a été rapidement mis aux oubliettes ! Tous voulaient savoir si j’étais déjà entré dans la vieille villa. Je leur ai crânement affirmé que oui et que je pouvais le leur prouver…

Voilà comment je m’étais retrouvé seul au pied du colossal escalier de marbre.

Aujourd’hui, alors que je suis assis sur une marche, le souvenir de ce premier contact me trouble toujours autant…

Ce fut d’abord un frisson qui me saisit le bas de dos avant de remonter se perdre à la racine de mes cheveux courts. Je fixais alors le haut de l’escalier, sans voir personne. Pourtant, quelqu’un m’observait. Comme aujourd’hui. Encore une fois, je frissonne mais je ne me retourne pas tout de suite. Je suis moins émotif, moins impatient qu’il y a quinze ans. Je sais aussi ce que je vais découvrir si je contourne l’escalier.

Je ne suis pas monté dans les étages ce jour-là. À peine avais-je tourné la tête qu’une vision irréelle et diaphane m’empêcha de faire le moindre mouvement.(…)

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