Je doute, donc j’écris

– Avec des si, on mettrait Paris en bouteille ! dis-je.
Ma coachée me regarde en soupirant : une nouvelle fois, elle s’est fait rattraper par cette sale bête noire qu’est le doute.
– Non, mais tu ne comprends pas, tente-t-elle. Si jamais ça ne plaît pas, si jamais je ne trouve pas de lecteurs, et si je n’écris plus jamais rien, et si…
Oh la ! Il est temps de l’arrêter dans ses extrapolations ! Je connais bien toutes les questions qu’elle se pose, je suis passée par là moi aussi, et j’y passe encore très souvent, mais je sens que rien de bon ne sortira de tout cela. Alors, autant l’extraire tout de suite de cette spirale infernale.
– Débranche ton cerveau deux minutes et assieds-toi, faut qu’on cause…

Le doute
On peut douter de tout, c’est dans notre nature. On doutera de tout ce que l’on n’a pas vécu nous-mêmes, de tout ce que l’on n’a pas vu de nos yeux, des paroles qui nous sont rapportées, de la confiance que l’on accorde aux autres, des autres parfois, de soi-même souvent… Les philosophes comme Socrate, Descartes ou Kant ont parlé du doute, remettant en cause les vérités qui paraissaient acquises à leur époque.
Mais il ne s’agit pas ici de se poser des questions sur des vérités universelles, scientifiques ou philosophiques, il s’agit simplement de savoir quelle attitude adopter face à ses propres doutes.

Ce que provoque le doute
Pourquoi douter ? La plupart du temps, c’est le manque d’expérience qui crée nos doutes. On est en train de réaliser quelque chose de nouveau, d’inédit, d’artistique, quelque chose qui met notre ego en danger, quelque chose qui nous fait prendre un risque. Bref, on est en train de créer une œuvre et, dans la thématique qui nous occupe, d’écrire un livre. Face à cette nouveauté, notre confiance en nous s’effrite, cédant sa place à l’ombre sombre du doute. On projette soudain nos pires cauchemars, qui ne sont que des fantasmes négatifs, sur ce que l’on est en train de réaliser, et une critique sévère envers nous-mêmes apparaît souvent. Franchement, il est nul cet écrit, non ? Entre vous et moi, qui lirait une daube pareille ? C’est clair, j’écris de la merde et je ferais mieux de m’arrêter. Toutes ces phrases, en plus de faire mal à votre ego et de vous empêcher d’avancer, engendrent un doute propice à vous faire tout abandonner.
Pourtant, le doute, quand il est domestiqué, peut être un vecteur extrêmement bénéfique à votre expérience d’écriture.

En quoi le doute est-il bénéfique ?
Douter, en plus d’être naturel, est constructif si vous le dissociez de la vilaine manie de porter immédiatement un jugement juste après. Un doute n’est pas un jugement. Un doute est une question, au pire une mise en garde. Douter, c’est se demander si tout est OK, si on n’a rien oublié, si on a respecté toutes les étapes connues, si on n’aurait pas intérêt à se faire aider pour avancer, si on est prêt à aller plus loin. Douter n’est pas donner un avis définitif. Douter est juste une étape dont il faut se servir pour avancer, au même titre qu’une critique constructive.
Tous les auteurs que j’aide sont capables de me dire qu’ils apprécient les critiques constructives, mais sont désemparés face au doute. Pourtant, ce doute permet juste de remettre des pratiques en questions et ne doit en aucun cas mettre un point final à un projet. Il prouve simplement que ce projet n’est, peut-être, pas encore assez abouti. C’est tout.

Se servir du doute pour avancer
Alors, que faire quand on doute ? Même si c’est toujours plus facile à dire qu’à faire, il faut poser son ego loin de soi et prendre du recul. Ensuite, il faut mettre des mots sur ce qui provoque le doute. Qu’est-ce qui ne va pas ? Qu’est-ce que je ne « sens » pas ? Quelle est la partie de mon travail qui ne me convient pas ?
L’étape suivante est de poser des faits face à tous les doutes qui nous habitent. Lorsque votre cerveau vous dit « Je n’aurai jamais de lecteurs », demandez-vous combien de personnes vous ont déjà soutenu dans votre projet d’écriture et vous ont dit être prêtes à lire ce que vous écrivez. Lorsque vous pensez que vous êtes incapable d’écrire toute une histoire, rappelez-vous tous ces petits récits que vous avez déjà écrits et, même s’ils ne sont pas terminés, faites le calcul du nombre de mots ou de pages que vous avez déjà écrits. Si vous doutez d’être un jour édité, lisez les biographies de nos auteurs contemporains et découvrez à quel point eux aussi ont douté de leurs compétences, de leur légitimité.
Il vous faut domestiquer votre doute, comme un petit animal sauvage, et apprendre à communiquer avec lui. Acceptez ses remarques avec bienveillance et opposez-lui fermement des vérités. Vous avez déjà des gens qui vous ont lu et ont aimé vos histoires, vous avez déjà écrits 90 000 mots (sur les 10 récits entamés), vous pouvez publier un livre après 40 ans (comme JK Rowling).

Et là, je vous vois venir !
Voilà, c’est la fin de ce billet.
Et instantanément, vous vous dites « Oui, c’est bien beau, mais moi je ne peux pas fonctionner comme ça, je suis vraiment nul.le ». Et hop, vous êtes reparti.e sur la voie de l’autoflagellation, celle que vous connaissez, celle sur laquelle vous croisez un animal sauvage aux crocs acérés : le doute. Et si vous vous disiez plutôt « OK, je vais essayer de domestiquer mes doutes pour avancer plus loin sur ce chemin de l’écriture » ? Inspirez, soufflez, pensez positif et factuel.
Vous voyez, c’est déjà plus facile, non ?

N’hésitez pas à venir les lundis, mercredis, et vendredis matin sur ma chaîne Twitch dès 9h pour prendre un bon shoot de motivation et travailler avec moi !

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